Propriété des Vaudois, les Bocion, Vallotton, Borgeaud, Auberjonois, Steinlen, Corot, Hodler, Soutter, Sarto, comme quelque 8000 autres œuvres, actuellement invisibles faute de place, sont conservés dans des caves. Avec le futur Musée des Beaux-Arts à Bellerive, l'Etat remplira enfin sa mission: rendre accessible son patrimoine et, surtout, le mettre en valeur et l'enrichir, notamment grâce aux donations promises. Plusieurs collectionneurs attendent impatiemment la construction d'un musée moderne et bien équipé pour y déposer leurs œuvres.
A l'ère de l'image, un outil d'information et d'éducation visuelle adéquat, tel que le futur Musée des Beaux-Arts à Bellerive, fait partie des équipements indispensables. Les autres cantons suisses, y compris les plus petits, l'ont compris, qui se sont mis à jour en matière de musée. Il serait inadmissible d'en priver les Vaudois d'aujourd'hui et de demain.
Chaque année, l'Etat dépense pour ses investissements 200 millions de francs. Un seul et unique investissement de quelque 35 millions de francs permettra au canton de Vaud de se doter d'un équipement culturel majeur. Ensuite, le fonctionnement de l'institution coûtera annuellement 6 millions de francs environ. Une minuscule fraction des 2'500 millions que représente le budget annuel de l'Etat. Pour tout le Canton, le bâtiment du futur Musée des Beaux-Arts à Bellerive reviendra moins cher que, par exemple, la rénovation et la transformation du collège de Villamont, à la charge de la seule ville de Lausanne. Des fondations d'intérêt public promettent l'autre moitié de l'investissement pour le musée, sans contrepartie. Une fédération de bonnes volontés comme celle qui entoure ce projet ne se retrouvera pas. La chance de construire une institution aussi importante à des conditions aussi avantageuses non plus.
Construire le futur Musée des Beaux-Arts à Bellerive, c'est aussi affirmer haut et fort l'essor très réel du canton de Vaud. Equipement touristique majeur, le Musée ajoutera une dynamique supplémentaire à l'offre culturelle actuelle, plutôt mince jusqu'ici en matière de Beaux-Arts. Les Vaudois montreront qu'ils savent répondre résolument aux attentes du public et des visiteurs en se dotant d'un musée moderne.
En lieu et place du remblai actuel délaissé depuis 1964, le site de Bellerive s'enrichira d'une zone de loisirs supplémentaire: un parc qui servira d'écrin au futur Musée des Beaux-Arts ainsi qu'une promenade ininterrompue le long du lac. La construction du Musée offre, en effet, à la Ville de Lausanne l'occasion de remplacer le chaînon manquant du parcours au bord de l'eau; on pourra déambuler sans obstacle d'Ouchy à Bellerive. La place dévolue aux manifestations occasionnelles sera respectée dans son intégralité, permettant la poursuite de toutes les activités qui s'y déroulent traditionnellement, Luna-Park et cirque Knie compris.
Renoncer au futur Musée des Beaux-Arts à Bellerive, c'est renoncer à des collections privées qui attisent de vives convoitises en Suisse et à l'étranger. La valeur totale des œuvres promises en donation avoisine les 100 millions de francs. Nettement plus que le prix de la construction.
Les visiteurs gagneront le futur Musée des Beaux-Arts à Bellerive depuis la gare ou le centre-ville en moins de dix minutes, grâce aux bus et au M2. Par transports collectifs et privés, l'accès aux sites dévolus aux loisirs, à la culture et au sport, sera fluide et aisé.
Le plaisir de découvrir l'art ancien, moderne et contemporain dans un Musée des Beaux-Arts à Bellerive répondant aux exigences muséographiques et de confort contemporaines. Le plaisir de fréquenter un bord de lac aménagé et embelli. De contempler le Léman d'un point de vue remarquable, en sirotant un verre, en déjeunant, en rêvant …
Il faut le savoir: refuser le projet actuel revient à renoncer à toute autre perspective de nouveau musée, même lointaine. La décision de construire le Musée des Beaux-Arts à Bellerive a été prise démocratiquement, au terme des nombreuses, longues et coûteuses étapes qu'exige le respect des lois et règlements. En cas de refus populaire du projet adopté par le Grand Conseil, toute cette énergie ainsi que l'argent des contribuables auront été dépensés en vain. Quels élus – et avec quels moyens? – oseront-ils remettre un nouveau projet sur le tapis? Les opposants au futur Musée des Beaux-Arts à Bellerive veulent-ils vraiment un nouveau Musée cantonal?